Les effets modelants

LA MORPHOLOGIE

Le maquillage a pour rôle d’embellir le visage en l’unifiant et en rehaussant son éclat. Il doit contribuer à souligner une harmonie naturelle et éventuellement à rétablir une harmonie défaillante en influant sur des asymétries.

En fait il ne devrait pas y avoir de maquillage standard. Il peut tout au plus y avoir une tendance générale, influencée par un contexte ou un courant de mode (tons pastels, tons froids ou chauds, maquillage linéaire ou en ombres douces) qui doit être adaptée à chaque cas.

L’harmonie disait Pythagore, « c’est l’unité des diversités et l’intégration des différences ».

Voila une définition qui mérite d’être méditée car elle doit être la base de la philosophie de travail des maquilleurs!

Le visage est naturellement dissymétrique. De nombreuses études scientifiques ont été faites sur le sujet. Elles ont prouvé que cette dissymétrie est due en partie au fait que le lobe gauche du cerveau commande le côté droit du visage alors que le côté gauche est commandé par le lobe droit. Les muscles peauciers ne travaillent donc pas (ne se contractent pas) de manière symétrique. Cela se traduit souvent par un visage présentant un cerne et un rictus plus marqués d’un côté. De même rencontrons-nous souvent un visage plus sensible d’un côté et cela se manifeste notamment lors de l’épilation des sourcils.

Le problème de notre époque réside dans le fait que la publicité a conditionné les femmes à ne plus penser qu’aux couleurs. Cela s’explique aisément du fait que ces publicités qui ont pour but de faire vendre des produits, mettent souvent l’accent sur le design et les couleurs.

La couleur est sans nul doute un élément très utile. Mais elle est avant tout un élément décoratif qui crée une ambiance alors que la morphologie représente l’architecture du visage et traduit son caractère profond. Embellir, sublimer un visage doit donc tenir compte de ces deux éléments.

L’évaluation théorique de la beauté d’un visage, passe généralement par l’application de principes érigées en véritables dogme. Il suffit de voir ce qui est enseigné dans les écoles d’esthétique où seul le visage « ovale » est digne d’intérêt, toute autre forme devant être modifiée, corrigée …

Cette fausse approche est bien évidemment arbitraire et ne repose sur rien de concret.

D’où vient cette dérive ?

Cette théorie empruntée aux études menées à l’époque de la Grèce antique applique sans discernement le principe du « nombre d’or » (sans la nommer), règle expliquant mathématiquement les rapports harmonieux et cohérents entre les différentes composantes d’un ensemble.

Ainsi concernant le visage:

Si on mesure la hauteur globale allant de la base du menton à la partie supérieure du crâne on obtient une première dimension (A).
Divisons maintenant cette dimension par 1,618 (le nombre d’or), on obtient une nouvelle dimension qui correspond à la largeur de la zone frontale (B).

Si nous divisons à présent cette dimension de largeur de cette zone frontale par 1,618 nous obtenons une dimension plus réduite qui est la largeur idéale de l’angle du maxillaire inférieur (C).

En reliant l’extérieur de ces trois lignes, on obtient une forme convexe régulière dite ovoïde (en référence à la forme de l’œuf).

Cette forme ovoïde a donné par simplification son nom à la forme ovale.

Forme ovoïde de référence selon le « nombre d’or » (1,618

Visage carré

Cette règle qui à l’origine n’a d’autre but que d’expliquer de manière académique les principes d’équilibre et d’harmonie de manière générale, se trouve trop souvent enseignée de façon arbitraire concernant les visages, faisant abstraction des particularités intimement liées au caractère de chaque individu faisant de ces particularités des défauts …

C’est évidemment une erreur  totale lorsqu’on prétend embellir un visage et le sublimer.

On peut « maîtriser » les tendances morphologiques d’un visage pour permettre aux autres éléments le constituant de s’exprimer (regard, expression de la bouche…) sans en gommer pour autant les particularités, le caractère.

En prenant l’exemple du visage carré figuré ci-dessus, on ne doit pas viser à faire disparaître totalement l’angle formé par le maxillaire inférieur (point fort de la personnalité du modèle), mais on peut l’adoucir légèrement pour que ce ne soit pas l’élément qui domine. L’effet obtenu alors résulte d’un savant dosage des effets d’ombrage partant du dessous et de l’extérieur du maxillaire et venant s’estomper subtilement sur l’angle à adoucir.

Ci-dessous, on voit sur le visage de gauche les mouvements obtenus par les effets opposés d’ombres et de lumière. D’un côté on cherche à donner un effet d’élargissement au visage, de l’autre on vise un effet d’allongement. Le visage de droite montre les sens d’estompage.

Exemples concrets

Visage carré

Pour compenser la largeur du maxillaire, le sourcil est ouvert vers les tempes. La lumière (fards clairs) encadre l’œil et la pommette est matérialisée très haute par le fard à joues (clair).

Ici, on ne se contente pas d’agir directement sur l’angle du maxillaire inférieur par un effet d’ombrage. On donne l’illusion d’un visage plus large ce qui contribue à équilibrer l’ensemble et a atténuer l’aspect parfois « massif » de ce type de visage surtout lorsqu’il avance en âge.

Visage long

Pour compenser la longueur du visage jugé long, la lumière (fards clairs) illumine le haut de la pommette et se fond en remontant vers l’angle externe de l’œil.
L’ombre des joues se place relativement bas sous les pommettes, ce qui diminue l’impression de hauteur entre les yeux et le maxillaire inférieur.

En ombrant légèrement la base du menton et en éclairant les pommettes et l’angle externe des yeux on cherche ici à donner un effet d’élargissement qui compense la longueur générale.
Visage rond

Pour allonger le visage et lui donner plus de hauteur, les points de lumière (fards clairs) sont concentrés sur le centre , au-dessus de l’arc du sourcil, au milieu du front et à la naissance des cheveux si le front est apparent.